A propos du G8 qui veut nous "prêter" de l'argent.

Publié le par Dette Tunisie

Lorsqu'on vous prête de l'argent, accepteriez-vous que votre créancier n'ait pas d'argent ?

 

Et bien c'est la question que je me suis posé à propos du G8 en me demandant si il était solvable ?

 

J'ai consulté la banque mondiale, le FMI ainsi que d'autres organismes pour avoir des données sur le PIB, la dette, la balance courante, ect...Une surprise de taille m'attendait : aucune donnée sur la dette des pays du G8 sur les sites précités !

 

Finalement, j'ai trouvé les données sur le site de la CIA, The World Fact Book et uniquement celles de 2010 qui sont des approximations.

 

voici le résumé :

 

 

 

- La dernière ligne, celle du total, montre clairement que le G8 est insolvable avec une balance courante cumulée déficitaire à plus de 359 Milliards de $- La dette cumulée en 2010 du G8 représente presque 34 000 Milliards de $ alors que le PIB cumulé représente 31 555 Milliards de $

 

Mais heureusement qu'il y a les agences de notations américaines pour mettre un triple A aux pays du G8, alors que la note de la Tunisie est BBB-

 

Grace à cette mascarade, le G8 qui n'a pas d'argent va emprunter à la finance familiale oligarque à 1%, puis nous prêter à 7%, se faisant ainsi 6% sur notre dos : Nous leur fabriquons donc des devises !Sur 25 ans, 7% d'intérêts composés valent : 1,07 (exp 25) = 5,42.La question est donc la suivante : en 25 ans, la richesse de la Tunisie sera-t-elle multipliée par 5,42 ? En supposant bien sûr que les remboursement arrivent à temps et ne soient pas soumis à des indemnités de retard ? 

 

Mais il n'y a pas que cela. En effet, les prêts sont conditionnels et le préteur exige certaines garanties pour limiter le risque et récupérer rapidement un retour sur investissement : Politiques d'Ajustement Structurel, ouverture des marchés (droits de douane à diviser par 2 selon une préconisation du FMI publiée dans son dernier rapport à propos du "printemps arabe"), augmentation de la TVA et diminution sur les impôts des IDE onshore et offshore, importation et culture de soja et de mais (transgénique ou pas) au détriment de nos cultures fouragères, signature de mise en conformité avec les règles de l'OMC pour rationaliser l'agriculture,...

 

On nous a également parlé de dons : ces mêmes dons sont également conditionnels. 

Par exemple, un des pays du G8 nous propose un don de 100 Millions $ pour améliorer notre circulation ( pont, autoroute,...).On lui présente alors un projet de développement qui vaut 1 Milliards.Il nous donne alors les 100 Millions, à condition que son expert vienne auditer le projet et sa faisabilité, un expert G8 payé entre 2 et 5 fois plus que mon expert national.

Puis cet expert va faire un certain nombre de recommandations au sujet des maitres d'oeuvre qu'il verrait pour le projet et là, oh surprise, il va nous conseiller un cheptel d'entreprises venant toutes du G8

 

Les plus acharnés à venir nous conseiller et à nous proposer des "dons" seront ceux dont la balance courante est fortement négative, afin de sauver leurs entreprises...

 

Cette aide donc du G8 ne vise qu'à aider le G8 en priorité et certainement pas à nous aider à développer une industrie propre...

 

Ceci était vrai en 2010, ceci est plus que vrai en Juillet 2011 à l'heure des crises des dettes souveraines et d'une financiarisation de l'économie dont le crach est imminent.Pour vous donner une idée, chaque mois les USA perdent 400 000 emplois industriels, la France plus de 1 000 000 d'emplois depuis 2008...

 

Un vrai partenariat avec le G8 passe en priorité par une consolidation de nos entreprises Tunisiennes (publiques et privées), ensuite par un maillage entre les PME Tunisiennes et les PME du G8, avec un partage de la valeur ajoutée.

 

En aucun cas, le venue de Majors, avec des trésoreries colossales (quelques fois supérieure à notre PIB), n'est le signe d'une entente cordiale, ces même majors ayant déjà phagocyté leurs petits concurrents nationaux et internationaux.

 

Un partenariat doit être conclu sur des bases saines de réciprocité, sinon ce n'est plus un partenariat.

 

Mohamed BALGHOUTHI

le 03/07/2011

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