DICTATURE DE BEN ALI. 1987-2010 : UN FAUX MIRACLE

Publié le par Dette Tunisie

La révolution a conduit à la chute du dictateur Ben Ali, elle s’est poursuivie pour conduire à la chute du régime et elle doit se poursuivre pour atteindre la souveraineté économique et l’autodétermination politique de la nation vis-à-vis des anciens membres du partie hégémonique, le RCD mais surtout vis-à-vis des puissances financières étrangères, qui ont légitimé ce régime en faisant des affaires avec celui-ci et l’on soutenu politiquement.

L’ex-dictateur a laissé notre pays dans une situation exsangue aussi bien au niveau politique qu’au niveau économique. Ce n’est pas la révolution des braves qui paralyse le pays aujourd’hui, mais bel et bien l’héritage de la dictature et la main mise des puissances étrangères.

La Tunisie doit s’affranchir au plus au niveau et en profondeur du fardeau de la dette pour construire sa propre démocratie, s’autogérer et s’auto-administrer de manière indépendante et autonome.

 

A.      Evolution de l’endettement de la tunisie

 

Afin de permettre son développement économique et social, la Tunisie a été contrainte, dans son histoire contemporaine, de contracter des dettes pour financer ses projets.

 

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L’accroissement de l’endettement a été en moyenne continue depuis 1970 jusqu’à 2009, avec une évolution globale de 51,97% par an sur cette période. On peut cependant distinguer trois intervalles de temps : L’une précédent la dictature de Ben Ali, la seconde correspondant au règne hégémonique de Ben Ali et la troisième correspondant à la dernière décennie. Pour chacune de ces trois périodes l’évolution de l’endettement du pays à connu une croissance en accélération.

 

B.      Accélération de l’endettement de la Tunisie

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Avant la dictature de Ben Ali l’endettement de la Tunisie a connu une croissance moyenne de 42,% par an.

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Sous le régime de la dictature de Ben Ali l’endettement de la Tunisie a connu une accélération dont la moyenne a été de 58,7% par an.

 

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Sur la dernière décennie l’augmentation de l’endettement de la Tunisie s’est considérablement accélérée pour atteindre un niveau record de 89% par an en moyenne.

 

On est en droit de se demander quels ont été les bénéfices pour les tunisiens de ce surendettement, compte tenu de la dégradation de la conjoncture économique et sociale à l’intérieur du pays et plus particulièrement dans ses zones reculées : Qui a profité de la dette de la Tunisie ? Dans quelle mesure cet endettement a profité au seul dictateur ? Dans quelle mesure celui-ci a œuvré pour des puissances étrangères plutôt que de travailler à l’amélioration du niveau et des conditions de vie des tunisiens ? Les transferts nets des capitaux apportent une réponse explicite à ces questions.

 

 

 

 

C.      L’évolution des transferts de capitaux de la Tunisie vers les pays étrangers

 

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On remarque que le financement de la Tunisie est de type cyclique avec deux périodes distinctes, l’une comprise entre 1972 et 1982 et l’autre comprise en 1992 et 2004.

A l’inverse les décaissements ont gardé une tendance globale presque uniforme entre 1970 et 2009 pendant laquelle la Tunisie a augmenté ses transferts financiers vers l’étranger.

Cette situation a conduit la Tunisie à devenir une source de capitaux net vers les institutions étrangères qui au lieu de soutenir le développement économique du pays, ont aspiré une partie des ressources et des richesses de la nation tunisienne en la spoliant.

 

D.      La Tunisie une source de capitaux pour les institutions financières des pays étrangers

 

 

Solde net des transferts

 

Millions de dinars tunisiens

 

1970-1987

1987 - 2009

1970-2009

Encaissement

4 466,78

6 414,82

11 424,8

Décaissement

-1 700,73

-12 997,04

-15 044,2

solde Net

2 766,1

-6 582,2

-3 619,45

 

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Avant la dictature de Ben Ali, sur la période comprise entre 1970 et 1987, la Tunisie a bénéficié d’un financement de la part des institutions étrangères à hauteur de 2 766 Millions de dinars tunisiens ;

 

Pendant la dictature de Ben Ali, sur la période comprise entre 1987 et 2009, la Tunisie s’est transformée en source de financement pour les institutions financières étrangères à hauteur de 6 582 Millions de dinars tunisiens

Sur l’ensemble de la période 1970 à 2009, Ben Ali a réussit l’exploit, jusqu’ici inimaginable, d’inverser le rôle de l’endettement. En effet sous le règne de la dictature, le pays a perdu une partie de son financement propre pour une valeur estimée à 3 619 Millions de dinars tunisiens. Ben Ali a soumis l’économie tunisienne aux institutions étrangères tel que le FMI et il les a financées directement au détriment de la réelle économie du pays.

 

Si la Tunisie a connu un développement économique ces dernières décennies, celui-ci aurait dû être d’une plus grande ampleur s’il n’y avait eu les détournements massifs exécutés par l’ex-dictateur. En réalité, Ben Ali a ralenti la croissance du pays notamment en négligeant les contrées reculées du pays et ce de manière considérable et a œuvré pour apporter un financement net vers des pays étrangers !

 

Il devient aujourd’hui nécessaire de :

1-      Suspendre le paiement du service de la dette, le temps de faire un bilan détaillé de la situation économique réelle de la Tunisie et de permettre au pays de relever la tête économiquement, politiquement et socialement après les séquelles laissées par 23 ans de dictature

2-      Mettre en œuvre l’Audit populaire et citoyen pour déterminer la part de la dette qui est à considérer comme « odieuse », celle qui n’a pas bénéficié au peuple tunisien et qui a profité directement au dictateur et ses partenaires financiers

3-      Répudier cette part de la dette qui est illégitime afin de recouvrer une souveraineté complète et atteindre une autonomie aussi bien économique, que financière et politique

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